> Archives > Homélie pour le dimanche 19 juin 2016

Le psaume d’aujourd’hui rapporte cette parole, ce cri adressé à Dieu : « Mon âme à soif de toi » ; « ma chair est une terre aride, altérée, sans eau. » Cette demande - « Mon âme à soif de toi » - est un passage poétique pour illustrer, par une image, le grand désir du psalmiste qui souhaite recevoir son Dieu, accueillir Dieu en son âme et en son corps. Certes, l’image est belle… mais pour nous, est-ce seulement de la poésie ? Quelle est notre véritable soif de Dieu ? Avons-nous un jour crié vers Dieu « j’ai soif de toi, moi qui suis une terre aride, altérée, sans eau » ?
Exprimer notre désir de Dieu par la soif a cela d’intéressant : nous avons tous, un jour ou l’autre, eu soif ; tous, nous avons ressenti à quel point notre corps avait besoin d’une eau rafraîchissante. Je ne vous apprends rien : l’eau, cet élément si simple, nous est vitale ; et la soif ressentie est un mécanisme d’alerte : avoir soif… c’est déjà manquer d’eau.
Il en va de même dans notre relation à Dieu… recevoir Dieu est vital… et la soif de Dieu nous met en alerte ; la soif de Dieu augmente notre désir, nous rappelant que sans lui, notre corps, tout comme notre âme, est en péril ; la soif de Dieu nous rappelle que sans Lui, notre vie spirituelle ne serait qu’une terre aride, altérée, sans eau. Le grand risque, l’immense danger, pour nous, disciples du Christ, serait de ne plus ressentir cette soif qui nous fait désirer le Seigneur ; ou pire encore, de croire, ne serais-ce un seul instant, que nous sommes désaltérés totalement par Dieu : car ici s’arrête l’image : Dieu n’est pas un verre d’eau ! Plus nous désirons Dieu et buvons à sa source, plus Il fait grandir notre soif et notre désir, est plus ce désir est grand, plus la joie d’accueillir le Seigneur nous rassasie. Voilà le paradoxe : plus nous recevons Dieu… plus nous le désirons, et plus notre joie grandit.

Frères et sœurs, vous allez me demander comment, concrètement, boire à la source qu’est Dieu ? C’est le prophète Zacharie qui répond (dans la première lecture de ce jour) : « Ils lèveront les yeux vers Celui qu’ils ont transpercé […] une source jaillira […] et les lavera de leur péchés. »
La source vive qui étanche notre soif jaillit de Dieu sur la Croix. C’est dans son offrande que le Christ désaltère notre âme et rassasie notre corps. C’est là que nous devons contempler sa force et sa gloire, sur la Croix : force de celui qui se donne et Gloire de celui qui s’abaisse.

A ses disciples, comme à nous aujourd’hui, Jésus Christ dit comment nous pouvons marcher à sa suite, comment nous pouvons être rassasiés et désaltérés par Dieu. Il dit cette parole : « celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive »… et si Jésus peut dire cela, c’est parce que lui-même a pris sa Croix. Ce n’est ni une invitation à la tristesse, ni une proposition mortifère. Certes, la Croix est le lieu de la Passion et de la mort… mais elle est aussi le lieu où le Christ se donne à tous les hommes ; la Croix est le lieu qui révèle au monde l’amour infini de Dieu qui s’offre à nous.

Nous allons recevoir en nourriture le Corps du Christ ; nous pourrons reprendre alors les paroles du psaume : « Comme par un festin, je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. »

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