> Archives > Homélie de l’Avent 2016 > Homélie du 2ème dimanche de l’Avent - Année A, 2016

Je voudrais aujourd’hui continuer ma réflexion sur le royaume de Dieu et pour cela, dans un premier temps, partir de l’oraison de la messe et de l’évangile de ce jour. Tout d’abord l’oraison de la messe : celle-ci souligne que « nous ne devons pas laisser le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils. »
Ensuite l’évangile, où Jean Baptiste dit que Jésus baptisera « dans l’Esprit Saint et le feu ». Mais ce feu de l’amour sera aussi le feu du jugement pour ceux et celles qui se refusent à l’amour, enfermés dans le piège de la haine.
Dieu est un feu d’amour.
Jean critique avec sévérité cette foule qui vient recevoir son baptême.
En effet il ne suffit pas d’être baptisé par Jean, il faut encore produire « un fruit digne de la conversion ».
Cela nous rappelle que la conversion ne se résume pas à l’accomplissement d’un certain nombre de rites ou d’actes, mais implique une transformation profonde de notre personne.
Face à notre péché qui nous rend indocile à Dieu, nous devons choisir l’obéissance la plus sincère à la volonté de Dieu.
Cette obéissance se vit dans le quotidien de nos vies, et même à chaque instant dans les réalités importantes comme dans celles qui sont peut-être secondaires.
En d’autres termes, être docile à Dieu dans l’amour, c’est la vraie conversion.
Nous savons bien qu’il est difficile de réaliser cette conversion parce que nous tenons beaucoup à notre propre volonté, comme à notre amour propre.
Mais la question, pour nous, n’est pas de savoir si nous allons faire du bout des lèvres un petit acte de contrition.
La question est de savoir si nous allons accepter de nous laisser saisir par l’Amour de DIEU qui nous emmènera sur des chemins qui ne seront pas forcément ceux que nous choisirions naturellement.
Attardons-nous quelques instants sur ce baptême dans l’esprit saint et le feu, et le dernier verset de l’évangile : « Quant à la paille, Il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Je crois que cette parole de Jean Baptiste ne s’adresse pas directement à la foule des juifs qui vient recevoir ce baptême de pénitence mais à l’ensemble des baptisés jusqu’à la fin des temps ; allons donc plus loin.
Je vous disais, il y a quelques instants, que le feu c’est le feu de l’amour divin.
Alors sans se tromper, nous avons l’annonce du baptême chrétien.
Il faut, à cet instant, faire une distinction entre le baptême de Jean Baptiste et notre baptême :
• Le baptême de Jean Baptiste prépare la prédication de Jésus.
Notre baptême nous configure au Christ.
Mais nous devons, nous qui avons reçu le baptême chrétien, nous qui sommes pratiquants, nous poser des questions.
En effet, dans notre pays, le fait qu’un grand nombre de français ne vit pas son engagement de baptisé n’est pas sans inquiétude pour l’Eglise d’aujourd’hui.
Cela me fait dire que la question de la vie éternelle n’est pas la principale préoccupation des êtres humains.
Mais est-elle notre préoccupation ?
Aussi, en ce dimanche, je vais aller plus loin dans le questionnement sur notre destinée future.
La dernière oraison de la messe est des plus explicites :
« Seigneur, apprend-nous, dans la communion à ce mystère, le vrai sens des choses de ce monde et l’amour des biens éternels »
Ainsi le temps de l’Avent est une période qui met le chrétien face à la vie éternelle.
C’est-à-dire que, depuis Pâques, nous sommes dans le temps de l’attente du retour du Christ ; et les premiers chrétiens croyaient connaître le retour du Christ de leur vivant !
Mais pour aller plus loin, reprenons les textes de la messe de ce jour :
nous avons entendu comme première lecture ce texte magnifique du prophète Isaïe. Celui-ci annonce la venue du Messie. Nous pouvons affirmer que les premiers versets décrivent Jésus ; puis la seconde partie annonce ce qui arrivera avec la venue du Messie, c’est-à-dire une paix universelle ; cela est parfaitement imagé et je ne vous en donne qu’un exemple « le loup habitera avec l’agneau » ! Enfin, la conclusion du texte : « il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte. »
Nous savons que cette description vise le royaume de Dieu.
Alors que faire ici-bas ? :
1. Tout d’abord, vivre sans cesse une vie de conversion
2. Ensuite, croire que la parole de Jean Baptiste est des plus vraies :
« Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche »
Nous sommes dans un monde où la plupart de nos contemporains vivent comme si il n’y avait rien au-delà de leur mort !
Nous, chrétiens, nous affirmons que la conversion est nécessaire pour nous préparer à notre vie future, le royaume de DIEU.

SPIP | mentions légales | | Suivre la vie du site RSS 2.0