> Archives > Homélie de l’Avent 2016 > Homélie du 4ème dimanche de l’Avent - Année A - 2016

Le 4ème dimanche de l’Avent est centré sur le mystère de l’Annonciation. Habituellement nous disons "l’annonciation de l’Ange à la Vierge Marie".
L’oraison de ce jour est la même que celle de la fête de Notre-Dame du Rosaire ; celle-ci donne pleinement la dimension et la signification de ce dimanche.
Pour preuve, elle comporte ces mots :
« Par le message de l’Ange, tu nous as fait connaitre l’incarnation de ton Fils bien-aimé »
L’évangile d’aujourd’hui nous donne ce que j’appellerais "l’annonciation du mystère de la future naissance virginale de Jésus" à saint Joseph.
Nous y trouvons deux éléments fondamentaux :
La virginité de Marie et la filiation divine de JESUS
Cette visite de l’Ange à saint Joseph est nécessaire parce qu’il lui donne la mission de donner un nom à cet enfant.
« Tu lui donneras le nom de Jésus, c’est-à-dire le Seigneur sauve, car c’est LUI qui sauvera son peuple de ses péchés ».
En d’autres termes, Joseph devient le père, non biologique, mais légal de Jésus.
L’incarnation a pour but que le Fils unique du Père accepte, en prenant une nature humaine, toutes les croissances de l’état d’embryon à celui d’un homme adulte.
L’Eglise, dans sa sagesse, nous place en face du mystère de l’Annonciation à une semaine du mystère de Noël.
L’oraison de la messe est donc d’une grande portée théologique.
Mais revenons à notre évangile.
L’ange, peut-être l’ange Gabriel, rassure Joseph qui cherche une solution à une réalité qui est dramatique, humainement sans solution : répudier en secret Marie qui pourrait encourir peut-être même la lapidation.
Or Dieu a une réponse même quand humainement tout est sans réponses, sans solutions.
Marie a-t-elle dit à Joseph l’épisode de son annonciation ? La parole de Dieu ne nous en dit rien.
Mais le plus important est qu’à cet instant, un jeune homme et une jeune femme, promis en mariage l’un envers l’autre, s’aimant chastement, ne cohabitant pas, sont en face du mystère de l’irruption de Dieu dans leurs vies.
Ils n’ont rien demandé, ils sont de simples gens, ils s’aiment chastement car il est souligné que "Marie avait été accordée en mariage à Joseph" ; et plus loin : « avant qu’ils aient habité ensemble ».
Ils vont être les parents de celui qui est leur Créateur.
Face aux questions qui taraudent l’esprit de Joseph, il ne peut y avoir qu’une intervention divine. Celle-ci est réalisée par l’Ange. Et Joseph pénètre dans le mystère de la foi et de la confiance la plus absolue.
Nous pouvons voir, dans l’évangile, que tout se passe à travers un songe, qu’il n’y a aucune parole de Joseph mais un acte : "il prit chez lui son épouse".
Le songe, dans notre monde, n’est pas du domaine du réel, alors que dans la Bible le songe est l’un des moyens privilégiés de la communication nocturne de Dieu aux hommes et nous en avons un certain nombre d’exemples dans la Bible.
Joseph « prit chez lui son épouse » le mariage vient d’avoir lieu.
Tous les deux commencent une vie commune dont seul Dieu sera le guide et le maitre.
Mais Dieu le Père, qui a préservé Marie du péché originel, a aussi choisi Joseph car il était un homme juste.
Jésus ne peut que naître dans une famille sanctifiée par Dieu.
Joseph et Marie ne savent pas, à cet instant, ce qui les attend.
Réécoutons la finale de l’oraison : « Conduis-nous, par sa passion et par sa croix, jusqu’à la gloire de la résurrection »
Il faut bien voir que l’incarnation est nécessaire à notre salut car Jésus prend notre nature humaine et meurt pour nous sur une croix.
Après la naissance de Jésus, lors de la présentation au temple, Marie et Joseph seront immédiatement placés en face du mystère de la Croix, le vieillard Siméon dira à Marie : « et toi, ton âme sera traversée d’un glaive ».
Seule la grâce de Dieu nous permettra d’entrer dans ce processus, car il est humainement scandaleux, pour un homme, de parler de passion au moment de la naissance d’un enfant.
Parler de passion à quelques heures de Noël, c’est finalement pathétique.
Mais ce pathétique deviendra grandiose puisqu’il débouchera dans la gloire de la résurrection.
Peut-on aller plus loin dans le mystère de ce couple, car la richesse de cet évangile est de centrer l’incarnation non seulement sur Marie, mais aussi sur Joseph, puisque lui aussi a sa place dans le processus divin.
L’Eglise mettra à l’honneur saint Joseph le 19 mars, et mettra à l’honneur le couple en fêtant la Sainte Famille qui, pour l’Eglise, est le modèle de celles qui pratiquent les vertus familiales, comme le dit l’oraison de la messe.

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