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L’homélie du jour de Noël

Chers sœurs et frères
Joyeux Noël à tous dans l’amour et la paix du Christ !
Aujourd’hui, quelle coïncidence ! C’est le jour de Noël, et le dernier dimanche de cette année. Nous fêtons la naissance de Jésus.
Tout le monde marque cette fête. Même ceux qui ne sont pas chrétiens font la fête aujourd’hui. C’est l’occasion de rencontres en famille et entre amis. Tout cela nous permet de resserrer les liens qui nous unissent les uns aux autres. Et Nous, chrétiens, nous nous réunissons à l’église. Nous voulons nous rappeler que Noël, c’est bien plus que ce qui est manifesté dans les magasins des villes où cette fête est simplement celle du commerce pour les commerçants.
Nous fêtons aujourd’hui une naissance, non pas celle du Père Noël, mais celle de Jésus. C’est la naissance de Celui qui était le Fils de Dieu et qui est devenu le fils de Marie. Lui qui avait une puissance égale à celle de Dieu s’est fait petit enfant. Il n’y a pas eu beaucoup de tapage autour de cette naissance, comme le décrivait l’évangile d’hier soir. Tout s’est passé dans le silence, dans le secret du cœur de Dieu.
Et aussi nous repensons profondément à l’origine de cette fête, au moment obscur du commencement où a été commis le premier crime de l’humanité, quand la main de Caïn, aveuglé par la jalousie, a frappé à mort son frère Abel (cf. Gn 4, 8). Ainsi, le cours des siècles a été marqué par des violences, des guerres, la haine et des abus. Surtout nous nous souvenons du père Jacques Hamel qui a été tué le 26 juillet de cette année. Mais Dieu avait placé ses propres attentes en l’homme, fait à son image et à sa ressemblance. Il espérait. Dieu espérait. Il a attendu tellement longtemps que peut-être il aurait pu se décourager. Mais il ne pouvait renoncer, il ne pouvait se renier lui-même (cf. 2 Tm 2, 13). C’est pourquoi, il a continué à attendre avec patience face à la corruption des hommes et des peuples. Ce petit enfant qui a été envoyé par le Père est le sauveur du monde. Comment vérifier que cet enfant dans la mangeoire est le sauveur de monde ?
Nous revenons à L’Evangile d’aujourd’hui qui nous parle d’un témoin : Jean-Baptiste. Celui-ci rend témoignage en proclamant : ‘c’est de lui que j’ai dit : celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était’. Nous savons bien aujourd’hui que Jean-Baptiste parle de cet enfant, précisément, Jésus–Christ, le Messie, le Seigneur. Celui que nous fêtons aujourd’hui.
Quelqu’un peut-être, aujourd’hui, peut penser que ce petit enfant de la crèche est bien fragile pour être le sauveur envoyé par Dieu. Mais regardons de près ce qui se passe dans notre monde comme ce que j’ai déjà dit tout à l’heure. Nous voyons bien à quel point notre Dieu est malmené. Son image a été déformée et caricaturée. On en a fait un Dieu vengeur et sévère. On se sert de la religion pour massacrer des innocents, des hommes, des femmes et même des enfants. C’est là qu’il nous faut revenir au vrai message de Noël. Cette fête nous révèle un Dieu Amour. Il n’a rien à voir avec toute cette violence. Dans un monde plein de haine, il est Celui qui apporte l’amour et la Lumière.
Noël, c’est Jésus qui vient. Il ne demande qu’à venir chaque jour dans notre vie et il compte sur notre accueil. Son grand désir c’est de nous combler de son amour, un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Vivre Noël, c’est accueillir le Christ dans notre cœur et notre vie. C’est avec lui et en lui que nous trouvons la vraie joie.
Et aussi, ce cadeau de Dieu, nous ne pouvons pas simplement le garder pour nous. Nous sommes envoyés pour le partager avec tous ceux et celles qui nous entourent, les membres de nos familles, les enfants, les personnes malades ou seules. Noël c’est Jésus qui est là. Il est la Lumière qui vient éclairer nos ténèbres. Il se donne à nous. C’est un cadeau que Dieu nous offre, gratuitement, et sans mérite de notre part. Cette joie qu’il met en nos cœurs c’est quelque chose d’extraordinaire. Elle nous est donnée pour la partager, la communiquer aux autres. Pour cela, il n’est pas nécessaire de faire de grandes dépenses. Une simple présence, un sourire, une parole gentille, une main tendue suffisent.
Nous avons tous à rechristianiser Noël en redonnant la première place à Celui qui est au cœur de cette fête. Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent cet événement sans penser à lui. Noël c’est une fête qui s’est paganisée. Mais Jésus est toujours là. Il frappe à la porte de notre cœur. Il vient à nous pour nous mener à Dieu ; et Dieu nous mène aux hommes, nos sœurs et nos frères. Avec Jésus, nous apprenons à vivre l’amour, le véritable amour qui est don de soi. Dans notre monde qui souffre de l’exclusion, de la haine et de la violence, c’est l’Amour qui aura le dernier mot.
En ce jour de Noël et du dimanche, nous nous tournons vers toi, Seigneur. Tu fais sans cesse le premier pas vers nous. Tu fais de nous des messagers de ta paix et de ton amour. Nous te prions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ». Amen !

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