> Archives > Homélies de Noël > Homélie de Noël 2016 > Homélie pour la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

Chers Sœurs et Frères dans la paix du Christ
En ce premier jour de l’année 2017, et aussi le premier dimanche de la nouvelle année, l’Église nous invite à célébrer Marie, Mère de Dieu, et Mère de l’Église comme nous le rappellera la prière après la communion.
Je voudrais commencer par faire une remarque : il nous faut éviter une confusion : Marie ne tient pas le rôle de Dieu. Nous ne la prions pas comme une sorte de déesse. Son message, à Lourdes et ailleurs, nous renvoie au Christ. C’est lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous passons pour aller vers le Père. Comme aux noces de Cana, elle est là pour nous redire : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Quand elle nous parle, elle nous rappelle l’importance de la prière, de la conversion et de la pénitence. Elle-même nous a donné, tout au long de sa vie terrestre, le témoignage de sa foi et de son entière disponibilité aux appels de Dieu. Je vous dis cela parce que, parfois, des gens nous posent (en Chine) cette question : si vous êtes chrétiens, pourquoi priez-vous Marie, et non Jésus-Christ ? Nous prions Marie justement pour qu’elle nous conduise à Jésus-Christ.
Aujourd’hui nous fêtons Marie, Mère de Dieu. Ce titre donné à Marie, nous oriente vers la venue en la chair du Verbe de Dieu, de la deuxième personne de la Sainte Trinité. Il y a huit jours, dans la nuit du 24 décembre, nous fêtions Noël, l’Incarnation du Fils de Dieu. Et l’Église nous a proposé d’en faire mémoire pendant huit jours. En cette fête de Marie, Mère de Dieu, s’achève l’Octave de Noël.
Une octave, c’est sept jours plus un. C’est-à-dire le rythme de notre vie humaine, des semaines qui se succèdent et qui forment une année. Mais une octave, c’est une semaine plus un jour – et ici le premier de l’année 2017– comme pour signifier qu’avec la venue du Verbe de Dieu dans la chair, « les temps sont accomplis » comme l’affirme saint Paul dans la seconde lecture de ce jour. Par l’Incarnation du Verbe, l’éternité de Dieu rejoint notre temps, notre histoire… je vous invite au cours du temps qui nous sera offert tout au long de cette nouvelle année, à rejoindre l’éternité de Dieu, à accueillir son Alliance et à en vivre.
L’évangile proclamé en ce jour est la continuité exacte de celui qui a été proclamé dans la nuit de Noël. Après avoir vu, les bergers racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Une annonce qui fait d’eux des missionnaires : « Ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. »
A la suite de ce moment bien agité, avec la venue des bergers, leur récit, leur départ dans l’action de grâce et la louange, il se fait comme un grand calme : « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » Arrêtons-nous un instant, sœurs et frères, et contemplons Marie, en ce jour où nous la fêtons comme Mère de Dieu. Elle porte beaucoup de questions sans réponse ! et maintenant je vais vous donner une très belle explication d’un moine du carmel qui s’appelle Didier-Marie Gola. Il nous dit que Le mot traduit par “méditer” ou “retenir” est “συμβάλλω” (sumballo) un mot grec, dont le sens premier est “se rencontrer avec” ou “jeter ensemble” et qui a donné le mot symbole. Il continue à expliquer qu’Il faut entendre cela avec la compréhension du symbole dans l’Antiquité. Le symbole était une pièce de terre cuite que l’on rompait lors d’un pacte par exemple, et chacun en gardait un morceau et quand plus tard, un émissaire venait, il était porteur de l’un des morceaux et si ce morceau collait à celui qui avait été conservé, l’émissaire était reconnu comme envoyé par celui avec qui l’on avait fait le pacte. Avec cette image, nous pensons que Marie rapprochait en elle deux éléments : d’une part la Parole de Dieu, d’autre part les événements qu’elle vivait.
Nous sommes peut-être habitués déjà à éclairer les événements de nos vies par la Parole de Dieu. Mais savons-nous approfondir la Parole de Dieu à la lumière des événements ? Il doit y avoir entre les deux une réciprocité, un va-et-vient qui donne toute sa force à la Parole divine et tout son sérieux aux événements humains. Cela suppose de prendre le temps de la méditation. Pour pouvoir “relier” Paroles de Dieu et événements, il nous faut, à l’exemple de Marie, apprendre à garder en nous la Parole de Dieu.
“Garder en nous la Parole de Dieu est le chemin qui conduit au bonheur”… Pour que cette année 2017 soit pour chacun et chacune de nous une année de grâce, il nous faut écouter et en nous garder la Parole de Dieu. Cette Parole qui n’est autre que Jésus lui-même, cette Parole qui est agissante en nous les croyants.
Alors, chers sœurs et frères, au seuil de cette année nouvelle, soyons des hommes et des femmes qui sachent garder la Parole de Dieu en leur cœur afin que cette Parole de Dieu éclaire les événements que nous vivrons.
Enfin, Il est de tradition de faire des vœux en ce début d’année ici, comme en Chine. Permettez-moi de faire à nouveau appel, pour cela, à Élisabeth de la Trinité qui écrivait : « Chaque incident, chaque événement, chaque souffrance comme chaque joie est un sacrement que Dieu donne. » (Le Ciel dans la Foi, n° 10) Qu’il en soit ainsi, pour chacun et chacune d’entre nous tout au long de cette année 2017. Amen.

Bonne Nouvelle Année 2017 !

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