> Archives > Homélies de Noël > Homélie pour la fête de St Etienne

Faire le choix du Christ peut avoir pour conséquence d’être rejetés par ceux qui haïssent le Christ et l’Eglise. C’est un fait, et Jésus ne le cache pas à ses disciples : « On vous livrera aux tribunaux et vous serez flagellés. Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi (…). Le frère livrera son frère à la mort, et le père, ses enfants ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom » (Mt 10, 17-18. 21-22) Ce n’est pas de la rhétorique, mais la dure réalité que vivent aujourd’hui de nombreux disciples du Christ à travers le monde. Nous avons vécu des situations similaires dans le passé et nous aurons peut-être à le revivre à l’avenir. Quiconque veut se mettre à la suite de Jésus rencontrera inévitablement, à un moment où l’autre de sa vie, l’opposition, les critiques, les souffrances et peut-être le martyr.
Mais Jésus cherche à nous fortifier. Ainsi, en annonçant à ses disciples les persécutions qu’ils ne manqueraient pas de connaître, Jésus leur avait promis son assistance : l’Esprit de Dieu serait leur force et il parlerait par leur bouche. Or, cette promesse, nous en voyons l’accomplissement dans le martyre de saint Etienne. Parce que Dieu œuvre avec, Etienne accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. Mais cela ne plaît pas à certains ; plus encore parce qu’il annonce la divinité de Jésus. Il est alors traîné hors de la ville pour y être lapidé.
En fait, Etienne revit dans sa chair ce que Jésus lui-même a vécu. Alors que Jésus en croix s’adressait à son Père, Etienne invoque Jésus comme son sauveur et son Dieu. Jésus est venu de Dieu pour nous apprendre à nous tourner vers Dieu. L’enseignement que nous donne Etienne, à travers son martyr, c’est que l’union à Dieu passe désormais par l’union à Jésus : pour véritablement se tourner vers le Père, il faut devenir un avec Jésus. Et nous voyons Etienne imiter le Christ. Alors que Jésus sur la croix s’adressait à son Père pour lui dire : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34) ; nous voyons Etienne répéter : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ac 7, 60). Alors que Jésus sur la croix s’était écrié : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46) ; nous voyons Etienne supplier : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Ac 7, 59). On le voit, « le martyr chrétien n’a rien à voir avec les kamikazes religieux, politiques et sociaux modernes. Il ne détruit pas la vie, il ne hait pas les autres jusqu’à provoquer leur mort, mais il est disposé à mourir, pour que les autres, même ses ennemis, vivent. » (Père Vito Del Prete, Secrétaire général de l’Union pontificale missionnaire).
Une force est communiquée, au moment même de l’épreuve, pour aider à vivre cette traversée. Alors qu’Etienne est encore en vie, Luc dans le livre des Actes des Apôtres nous décrit Etienne en train de regarder vers le ciel et de contempler les cieux ouverts et la gloire de Dieu. Etienne n’est pas encore mort, mais il est déjà dans le ciel. C’est la grâce faite aux martyrs de pouvoir contempler la Gloire de Dieu afin de les faire tenir dans l’épreuve.

Les chrétiens persécutés préfèrent souffrir, être rejetés, en partageant la croix du Christ jusqu’au martyr… que d’abandonner leur foi, le Christ et l’Eglise, car ils savent que le Christ ne les a pas abandonnés et qu’il est venu dans le monde pour nous ouvrir le chemin de la Vie éternelle.

P. Jean-François Meuriot, mep
26 décembre 2012

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