> Archives > Homélies de Noël > 5ème jour dans l’Octave de la Nativité

Dans l’évangile d’aujourd’hui, on découvre l’Esprit saint travailler dans le secret et préparer les cœurs à la rencontre du Christ. C’est ce qui se passe avec le vieillard Syméon. L’évangile nous dit que « l’Esprit saint était sur lui » et qu’il « lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur ». Poussé par l’Esprit, Syméon se rend donc au temple. Au même moment, nous voyons les parents avec l’enfant Jésus entrer dans le temple, conduits par la loi de Moïse qui leur prescrit de présenter leur enfant au Seigneur pour sa purification et celle de sa mère. L’Esprit Saint travaille donc de deux manières : de l’intérieur, dans le fond des cœurs ; et de l’extérieur par le biais de la Loi.
Ce matin-là, Syméon s’était très probablement réveillé avec un sentiment particulier dans le cœur ; le sentiment que ce jour serait différent des autres. Il s’empresse d’aller au temple… il cherche, il guette, observe autour de lui, « écoute » où son cœur le guide. Qui irait reconnaître dans un nouveau-né la puissance du Messie. Et pourtant, Syméon dont l’attente et le désir de voir ont aiguisé son cœur reconnaît, au milieu d’autres enfants conduits par leurs parents, le Christ Jésus. Ce nouveau-né n’a rien de plus que les autres, en apparence. Pour la raison, c’est folie de voir en lui un Sauveur.
Syméon prend l’enfant dans ses bras et touche son Sauveur : « J’ai vu le salut que tu préparais à la face des peuples. » Dans l’eucharistie, nous accueillons nous aussi le Christ dans nos mains. C’est folie d’y reconnaître la présence réelle du Christ, sous les espèces symboliques du pain rompu. Mais dans la foi, nous reconnaissons là l’œuvre discrète mais bien réelle de notre Dieu.
Syméon se perçoit comme le « serviteur » du Seigneur, car il ignore ce que veut faire son maître. Mais une fois qu’il lui a été révélé par l’Esprit ce qu’il attendait – car ses yeux ont vu le salut préparé par Dieu à la face de tous les peuples – Syméon peut s’endormir dans la paix car il se sait désormais l’« ami » du Seigneur.
Syméon semble alors passer le relais à une autre servante du Seigneur : Marie. Il lui révèle ce que sera son enfant. Cet enfant, c’est le Verbe de Dieu, la Parole du Seigneur faite chair, aussi tranchante qu’un glaive qui séparera dans les cœurs le bien du mal, qui mènera en nous, le combat contre l’Adversaire. Jésus est celui qui ôte ce qui est sec en nous (cf. Jn 15). Le Christ continue donc l’œuvre de création en séparant. Le salut apporté par Jésus est une création nouvelle.
Chez Marie qui est la toute première disciple du Seigneur, le glaive ne séparera pas, puisqu’elle est sans péché, mais il transpercera son cœur tout comme les clous transperceront les mains et les pieds de son fils. Marie ressentira les mêmes douleurs que son fils sur la croix. En devenant chrétiens, en devenant les disciples du Christ à la suite de Marie, nous prenons sur nous la croix du Seigneur. Suivre le Christ n’est pas un chemin de tout repos ; on y fait l’expérience de la souffrance. Comme Marie, nous sommes invités à méditer cela dans notre cœur. Mais nous savons que nous ne sommes pas seul, que le Christ nous appelle ses « amis », et qu’Il est avec nous jusqu’à la fin du monde.

P. Jean-François Meuriot, mep
29 décembre 2012

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