> Archives > Homélies sur le chapitre 6 de St Jean > Homélie du 18ème dimanche du T.O. 2 août 2015

De dimanche dernier jusqu’au dimanche 23 août nous lisons l’Évangile de saint Jean et nous plongeons notre esprit et notre cœur dans l’annonce de l’union des fidèles avec Jésus dans le mystère de la messe
Saint Jean, après la multiplication des pains, nous donne toute la théologie et toute la spiritualité qui en découle, et cela a partir du dialogue entre Jésus et la foule qui le suit
Rappelez vous l’Évangile de dimanche dernier « Jésus savait qu’ils allaient l’enlever pour faire de Lui leur roi »
Jésus ne va-t-il pas les nourrir comme Moise a nourri gratuitement le peuple hébreux dans le désert
Au cours de ces dimanches d’été vous aurez la joie de découvrir à travers ce chapitre 6 de saint Jean toute la révélation de Jésus sur l’eucharistie et tout cela trouvera sa plénitude le 16 août lorsque Jésus affirmera « ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson »
Mais repartons de l’épisode de la multiplication des pains
dans la première partie de cet Évangile, proclamé dimanche dernier il y a quelques pains, quelques poissons et Jésus nourrit une foule nombreuse.
Les multiplications des pains sont présentes dans les autres évangiles
mais saint Jean est l’évangéliste des signes, c’est-à-dire qu’à partir d’un miracle Jésus donne un enseignement ; mais quel enseignement ?
car nous sommes en face de la réalité d’un Dieu qui nourrit son peuple
aujourd’hui Jésus nourrit cette foule comme son Père a nourri le peuple hébreu dans le désert
mais la manne, mais les pains et les poissons de cet Évangile ne sont qu’une nourriture temporelle, avec sa finitude
cette nourriture nourrit le corps et non l’âme
pour reprendre ce que je disais il y a quelques instants sur l’idée que l’Évangile de saint Jean est l’Évangile des signes
c’est, là, le signe d’un Dieu qui est des plus généreux quand il se donne sans compter
après la multiplication des pains, la foule suit Jésus
et celui-ci leur donne un enseignement pour les faire passer d’une nourriture terrestre à une autre nourriture
Ne leur dit-il pas :
« travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle »
Après tout un long dialogue nous en arrivons au sommet de cette page d’Évangile
« moi je suis le pain de la vie. Celui qui vient a moi n’aura jamais faim. Celui qui croit en moi n’aura jamais soif »
Que signifie cette parole de Jésus ?
Comment Jésus est il un pain qui donne la vie et qui nous rassasie ?
Comment Jésus peut il nous désaltérer ?
Face au questionnement de la foule qui fait un lien avec la manne Jésus répond
« ce n’est pas Moise qui vous a donné le pain venu du ciel c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde »
Immédiatement, et cela aurait été aussi notre demande :
« Seigneur, donne nous toujours de ce pain-là »
Cette parole est, des plus bouleversante, allons nous dire : quel acte de foi !
Je ne le pense pas car cette foule qui connait bien l’épisode des 40 ans du désert où Dieu a fait tomber du ciel chaque jour la manne pour nourrir son peuple, car cette foule voit en Jésus le prophète, le grand prophète annoncé par Moïse lui-même, il est écrit dans le Deutéronome 18/15
« au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi et vous l’écouterez »
Et cette foule se remémore peut être aussi la parole que Moïse dit, parole entendue dans la première lecture, parlant de la manne
« c’est le pain que le Seigneur vous donne à manger »
Je vous invite à faire une pose dans cette réflexion sur le chapitre 6.
Allons directement au but :
Jésus n’est pas le nouveau Moise qui donne une nourriture terrestre, Jésus est le fils de Dieu qui nous donne sa vie
Nous l’avons reçue à notre baptême et nous la recevons à chaque sacrement
Jésus nous donne, et va nous donner, dans quelques instants, au cours de cette messe, sa vie, sa chair, son sang dans l’acte même de son sacrifice, qui a eu lieu il y a 2000 ans et qui dans cette messe, comme dans toute messe, est actualisé, rendu présent
Avons-nous eu faim de sa parole pour être dans cette Église à écouter sa Parole ?
Avons-nous faim de Jésus pour le recevoir en communion ?
Préparons-nous notre âme, avant de venir à la messe ?
Saint Paul ne dit il pas « celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur »1cor11/29
Mesurons à chaque messe la grandeur de ce don et demandons au Seigneur de faire grandir chaque jour notre foi en sa présence réelle et sacramentelle dans son eucharistie
Frères et sœurs prenons-nous le temps après la communion d’adorer Jésus qui est dans notre âme ?

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