> Archives > Homélies sur le chapitre 6 de St Jean > Homélie du 19ème dimanche du T.O. 9 août 2015

Il est des plus évident que dans ce chapitre 6 de saint Jean, nous avons à la suite la multiplication des pains et le long discours de Jésus sur le pain de vie
Je vais partir aujourd’hui, du début de ce passage ou est souligné l’opposition entre Jésus et les juifs
Ceux-ci disent
« celui la n’est t il pas Jésus, Fils de Joseph ? nous connaissons bien son père et sa mère, alors comment peut il dire maintenant : je suis descendu du ciel ? »
Et Jésus d’affirmer comme réponse :
« moi je suis le pain de la vie »
Cela me permet de situer cette page d’évangile en lien avec le dernier repas de Jésus, où celui-ci va célébrer, quelques heures avant la pâque juive, sa propre pâque
Comme vous le savez, Saint Jean ne relate pas la sainte Cène mais relate le lavement des pieds
je crois que la raison en est la suivante : la communauté de saint Jean connaît la réalité de la messe puisque cette communauté la pratique depuis des années. Or saint Jean veut faire comprendre à ses lecteurs le sens profond du rite de la messe, s’il rapporte le lavement des pieds, c’est pour dire que cet acte est un rite prophétique de sa mort
il nous parle de ce qui sera sa présence dans l’Église par ce commandement de Jésus « vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres »
ce rite ne sera jamais vécu dans l’Église, sauf d’une manière purement et simplement symbolique le Jeudi Saint
ainsi le lavement des pieds est un geste symbolique dans et par lequel Jésus assume par avance son passage par la mort comme une marque d’amour pour les hommes en fidélité à son Père
tout se comprend par ce verset final
« le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde »
nous pouvons maintenant faire un lien entre ce passage de saint Jean et la dernière Cène
je crois profondément que grâce à l’Esprit saint les apôtres saisirons que Jésus leur a annoncé la merveille de l’eucharistie
ils réaliseront au cour de la sainte Cène que pour la dernière fois ils mangent et boivent avec Jésus jusqu’à ce qu’ils mangent et boivent avec lui dans son royaume, mais en même temps à cet instant ils partagent son corps et son sang, ils reçoivent ce corps qui sera livré et ce sang qui sera répandu. Leur participation à la mort de Jésus est bien réelle
les paroles de Jésus ont donc une signification réelle à travers ses paroles.
Les 12 passent de l’autre côté et meurent avec lui pour pouvoir ressusciter avec lui
leur participation est réelle dans le temps historique-du dernier repas-et dans le temps céleste-du repas eschatologique-mais en même temps ces participations doivent être réelles dans le temps intermédiaire le temps de la séparation visible.
Ce temps sera long, nous n’en connaissons pas la durée, mais nous en désirons le terme . Cela, c’est le temps de l’histoire de l’Église qui se situe entre l’ascension et le retour du Christ à la fin des temps à la parousie
Cette durée fonde la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie
la participation réelle au mystère pascal de la mort et de la résurrection du CHRIST suppose la présence réelle
Le pain et le vin sont réellement le corps et le sang de Jésus
La messe est donc définitivement, pour la durée de l’histoire de l’Église, le lieu d’une tension entre la pâques du CHRIST et son retour dans la gloire.
Le chrétien en communiant à une messe, entre dans cette tension entre un passé actualisé(la passion du Christ)et un avenir en attente, et déjà annoncé à chaque messe à savoir la parousie
Le chrétien en communiant ne peut sortir indemne de ce mystère, il est associé au sacrifice de Jésus
les apôtres ne comprendrons qu’à la pentecôte que le côté sacrificiel de la mort de Jésus est annoncé dans ce discours sur le pain de vie, qu’il commence à la Cène et se termine au moment de la mort sur la croix.
Revenons en arrière avec l’épisode de la multiplication des pains
Comme vous vous en souvenez, il reste 12 corbeilles remplies de pains
ces 12 corbeilles existent toujours symboliquement dans l’Église
il ne faut pas les chercher dans une matérialité
car elles sont désormais le signe de l’Église, chargée de donner non pas un morceau de pain comme à cette foule
ces 12 corbeilles renferment le trésor le plus précieux, à savoir Jésus lui-même, dans le Saint sacrifice de la messe
l’Église est le tabernacle de Jésus lui-même

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