> Archives > Homélies sur le chapitre 6 de St Jean > Homélie du 20ème dimanche du T.O. 16 août 2015

Nous en arrivons a la finale du chapitre 6 de saint Jean
Comme pour un morceau de musique il y a un crescendo
En effet nous sommes partis le 26 juillet du récit de la multiplication des pains pour en arriver à ce verset fondamental où Jésus affirme :
« ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson »
Vous avez pu voir que d’une manière très forte Jésus est dans l’obligation de faire une telle affirmation face à l’incrédulité de cette foule.
Mais cette affirmation de Jésus sera pour la foule scandaleuse.
En effet, dimanche prochain nous entendrons le verset suivant :
« beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : cette parole est rude ! qui peut l’entendre ! »
Et la conclusion :
« beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner « 
Sauf évidement Pierre qui affirme :
« Seigneur, à qui irions nous ? tu as les paroles de la vie éternelle »
Mais revenons à l’Évangile de ce jour et partons du verset suivant où les juifs disent
« comment celui-là peut il nous donner sa chair a manger ? »
Ne pensez vous pas que cela pourrait être toujours vrai aujourd’hui ?
Ne serait ce pas folie au yeux du monde si Jésus revenant, se manifestant corporellement à la télévision et affirmant que sa chair est une vraie nourriture et son sang une vraie boisson !
J’ai peur que nous ne prenions pas toujours avec grande foi ces paroles de Jésus et nous contenter de les spiritualiser.
Alors que le pain est le vin consacrés sont certes un sacrement mais ils sont d’abord et surtout la présence réelle de Jésus
Un auteur latin païen du premier siècle de notre ère, affirmait, et je cite de mémoire, que les chrétiens mangeaient un enfant !
La manducation de l’hostie apparaissait comme de l’anthropophagie !
Dans le monde qui vit hors de la foi catholique, c’est une objection extrêmement compréhensible. Voici un homme parmi d’autres qui affirme s’offrir comme nourriture : qu’y a-t-il de plus insensé ?
Car ne l’oublions pas le peuple hébreux ne pratiquait pas l’anthropophagie.
Mais la sagesse de Dieu incarnée en Jésus n’est pas là pour répondre à l’objection,
Jésus n’est pas venu pour édulcorer le message de son Père.
Jésus est venu pour affirmer le salut et pour dire qu’il est le pain de vie, c’est-à-dire le pain qui donne la vie éternelle :
« tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement »
La sagesse de Dieu va encore plus loin, elle n’est pas pour se configurer aux désirs humains car elle est là pour donner une parole de Vie.
Par contre Jésus nous dit, comme il le dit à la foule, que l’on ne peut vivre sans se nourrir de Jésus :
« si vous ne manger la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang vous n’aurez pas la vie en vous »
Il ne s’agit pas seulement d’un surplus de vie terrestre qui leur est offert mais du salut éternel
Pour avoir une explication, il faut s’avancer jusqu’au mystère ultime, impénétrable, de Dieu : de même que le Père, qui est vivant m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra par moi »
L’amour de Dieu ne s’est jamais exprimé plus durement aux hommes, à vue courte.
Il ne s’avance pas avec eux pas à pas, mais les place d’emblée devant l’absolu.
Ne sommes nous pas, catholique, de ce 21ème siècle, à rendre grâce pour cette parole de saint Jean !
En effet la présence réelle et sacramentelle de Jésus à la messe, n’est pas une réflexion théologique, mais une affirmation qui vient de la bouche même de Jésus
Je vous avoue que pour moi, dans ma vie de prêtre, l’Eucharistie tient une place, non pas première, mais fondamentale.
Et cela pour plusieurs raisons :
La première c’est que Jésus à la sainte Cène, après avoir dit ceci est mon corps, ceci est mon sang affirme en saint Luc 22 /21 :
« faites cela en mémoire de moi »
La seconde c’est que saint Paul 1cor11/24 le reprend :
« faites cela en mémoire de moi »
Mais faire mémoire ce n’est pas uniquement se souvenir,
C’est rendre présent l’événement passé !
La pâques juive est un mémorial car elle actualise la sortie de l’Égypte.
La messe est un mémorial car elle actualise le sacrifice de Jésus sur la croix.
Nous qui sommes les chrétiens d’après la pentecôte nous pouvons parfaitement et totalement comprendre ce qui est scandaleux pour l’auditoire de Jésus.
Jésus lui-même n’a-t-il pas dit Jn 14/25
« mais le défenseur l’Esprit saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ».
Alors entrons dans le mystère de l’eucharistie !

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